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Categories:  Quotidienne

Purée de purée ! Ça commence mal ! J’ai tellement mangé hier que j’ai du mal à digérer !
Je me prélasse dans mon lit car le programme commence à 11h. Je prends ma douche, je mets le savon dans le porte-savon, je fais couler l’eau, mais au moment de me savonner, pas moyen de retrouver le savon ! le porte-savon est vide ! je touche partout, devant, derrière, je vais péter les plombs pour un carré de savon de quelques centimètres ! Je sors de la douche tout mouillé et prends celui qui était sur le lavabo. Je le pose dans le porte-savon et découvre qu’il y en a un second un peu au-dessus du premier dans lequel le savon précédent me nargue outrageusement !
Désolé de vous raconter ça mais c’est mon quotidien ! La veille, j’avais eu le même souci pour trouver le rouleau de papier toilette mais promis, je m’arrête là ! Je ne veux pas que Julien, en lisant ces lignes, ne soit confirmé dans son impression que je n’ai pas dépassé le stade anal !
Je raconte tout ça à Jim qui se marre comme un bossu ! il m’explique que tout ça est normal car le 19 avril est un jour particulier ici. C’est le jour des premiers coups de feu de la guerre d’indépendance, de l’assaut contre la secte de David Koresh à Waco . Le petit déj est vite expédié ! ce n’est pas terrible et très chimique sucré.
Peter nous attend au volant de sa Toyota Prius ! dédé ! c’est la même que la tienne ! Décidément, même à 5000 km, je suis toujours à l’hôtel de ville ! Peter est grand et parle avec un accent du Midwest difficile à piger. Nous traversons la ville, passons devant le musée des enfants, le plus grand musée du monde sur ce thème, le « Soldiers and sailors monument », très grand monument surmonté par une femme portant une torche, elle regarde vers le Sud pour montrer le chemin du retour aux soldats de l’Indiana partis à la guerre. Un monument consacré à la Seconde Guerre mondiale, la maison du gouverneur…
La route va dans la campagne et nous croisons des moutons et les fameuses granges aux toits rouges typiques du coin. C’est plat et arboré.
Le gouverneur de l’Indiana est républicain mais le représentant de la ville d’Indianapolis, Andre Carson, est démocrate et qui plus est musulman. Il a succédé à sa grand-mère Julia Carson à sa mort et vient d’être réélu. Nous arrivons dans une ferme. Jay-Lee et Pamela Smith nous reçoivent. Ils ont 62 ans chacun. Ils ont étudié ensemble à l’université et se sont mariés à 18 ans. Jay Lee fut d’abord enseignant en agriculture tandis que Pamela enseignait dans une école pour enfants ayant des troubles de l’apprentissage. En 1971, ils décident de devenir agriculteurs. Jay Lee est fils de fermiers et il a toujours aimé la terre. Ils achètent à vil prix un terrain non-viabilisé et marécageux, s’installent dans une roulotte et se mettent à cultiver la terre. Aujourd’hui, ils sont à la tête de 650 hectares et en louent 300 autres. Ils produisent essentiellement du soja et du maïs. Après avoir brûlé la maison vétuste qui était trop chère à rénover, ils ont construit à partir de 1980 la maison de leurs rêves.
Et franchement, elle est belle ? Chaque pièce est très spacieuse, meublée de manière fonctionnelle et parfaitement isolée, la météo dans cette région étant particulièrement variable.
Nous effectuons d’ailleurs la visite sous la pluie. Toutes les semences sont transgéniques. Il applique tous les traitements chimiques disponibles, son souci est l’optimisation des terres.
Il produit 6000 tonnes de maïs par an et autant de soja. Il vend depuis 18 mois la quasi-intégralité de sa récolte de maïs à une usine de production d’éthanol.
Durant les premières années, il produisait des porcs. 200 truies produisaient 3000 porcs par an. Il a eu du nez et a changé d’optique juste au moment où les cours du porc étaient haut et le coût de la terre faible. Il a été judicieusement conseillé tout au long de ses années par une agence gouvernementale liée à l’université des sciences agricoles PERDUE de l’Indiana pour faire les bons choix de porcs, établir le fonctionnement toutes les infrastructures pour optimiser la production… De même, il reçoit un appui constant pour choisir les semences optimales.
Il m’emmène dans sa grange, me fait monter sur les tracteurs, les démarrer, m’explique l’automatisation des semis grâce à l’articulation des tracteurs, des bennes et des machines à planter. Cette automatisation permet de faire tourner l’exploitation avec quatre personnes en temps normal et six personnes aux moissons. J’ai pris des photos qui expliqueront sans doute mieux que de longs développements les processus. Il a gardé le tracteur de son père et sa première voiture qui date de l’année de ma naissance. Il a construit mitoyenne à la maison qu’il habite, la maison qu’il habitera lorsqu’il sera moins mobile. Elle est entièrement vitrée et parfaitement accessible.
Nous partageons le déjeuner à base de maïs frais de son jardin, un coin dans une parcelle de 140 hectares dans lequel il plante du maïs qu’il donne gratuitement à qui en veut, du poulet, le tout accompagné de tacos au guacamole, salsa et crème aigre.
Ils m’offrent du vin blanc et rouge de Californie, pas très bon pour notre commerce extérieur !
C’est durant le repas qu’il m’apprend qu’il a été atteint de polyo dans son enfance et que ce handicap a été probablement le moteur de sa vie. Il a visité près de 60 pays et reçoit volontiers des jeunes pour de plus ou moins longues périodes d’apprentissage. Il est tout particulièrement fier de Grégoire, un jeune Français qui est venu plusieurs fois chez lui et qui a particulièrement brillé. Je mets quelques mots dans le livre d’or et nous partons deux ou trois heures plus tard que l’heure prévue.
Où allons-nous ? mais dîner pardi ! C’est on mange tout le temps ici ! Maryvonne, Française américaine mariée à un Algérien américain nous reçoit dans sa magnifique demeure. Elle travaille avec Diane dans l’association qui organise mon séjour dans l’Indiana. Elle a invité Mohamed et Lucie. Mohamed est tunisien et Lucie est tourangelle. Ils se sont mariés en août dernier et attendent un bébé pour le mois d’août.
Les enfants du couple, Neil et Tarik, sont là aussi et Jane qui fait de la comm dans la même ONG. Maryvonne aime recevoir et ça se voit. On est tout de suite à l’aise ! On parle … en français et on mange … du … couscous ! Mdr ! Lol ! Elle est pas belle la vie ?
Quand je vais dire ça à ma mère, elle va tomber de sa chaise ! Bon ! la viande n’est pas halal et il n’y a pas que des produits licites dans les verres mais quand-même ! Le tiramisu et le crumble de l’Indiana valent le détour ! Le mari de Maryvonne, Elias, a travaillé en Algérie puis en France puis dans les Emirats puis aux USA. Il est très mondialisé et pleinement américain dans ses façons de penser. Les jeunes quittent vite la table pour … jouer à des jeux vidéos ! Demain, la journée est très dense et diversifiée !

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