USA J7 > Indianapolis
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Me voici à Indianapolis !
Je suis parti en retard de l’hôtel car j’ai galéré un max pour faire la valise ! Bon sang ! j’aurais dû passer par les centres de formation de la FNB où on apprend aux miros à être indépendants ! Heureusement, ni dédé ni personne ne regardera dans quel état de pliage approximatif sont mes chemises ! Je n’ai perdu que ma djelaba qui dès le premier jour a demandé l’asile politique aux US ! C’est l’atavisme ?
L’avion est tout petit et bondé. Je passe les contrôles de sécurité qui sont presque plus draconiens que pour l’international. On me fait me déchausser, mon sac est vidé, mon appareil braille passé au détecteur, mais tout ça très calmement sans aucune forme de stress ni d’agacement de qui que ce soit. Tout de même ! Je suis bien content de n’avoir pas emmené Bacchus ! Dieu seul sait ce qu’on lui aurait demandé au contrôle ! Nous arrivons sans encombre après une heure et demi de vol.
La sortie de l’aéroport d’Indianapolis est laborieuse car c’est immense et mon sac est lourd !Le croirez-vous ? Quand un fauteuil roulant est passé à portée, je me suis assis dedans et ai posé le sac sur mes genoux ! Finalement, ce n’est peut-être pas à bannir le fauteuil ! Mais non Marie ! Je ne change pas d’avis comme de chemise ! Si un peu ?
L’hôtel est confortable ! On me propose la chambre adaptée aux personnes handicapées, après l’avoir essayée je la refuse car certes elle est un peu plus adaptée mais les espaces de rangement sont petits et peu pratiques, la cafetière est placée à un endroit dépourvu de prise de courant, il n’y a qu’un lit…
Nous sommes allés dans Mall, immense centre commercial avec une quinzaine de restaurants rapides. Ils se ressemblent tous, ils ont une dominante tantôt chinoise, tantôt mexicaine, tantôt italienne, mais ce sont toujours les mêmes plateaux et couverts en plastique, des salades pleine de sauce, j’ai essayé le smoothie ! C’est bon ! plein de glaçons ! de fruits frais ! Si j’avais su ce qui m’attendait le soir, je n’aurais pas tant mangé !
La radio fonctionne différemment ! Il y a deux boutons pour changer de station. Très peu de radios. Je jette mon dévolu sur la radio country qui diffuse ce genre de musique que j’aime bien.
Tout le monde est adorable ! Le directeur, un Ethiopien, se plierait en quatre pour nous ! Mais ce n’est pas un traitement de faveur : il le fait pour chacun. « Dites-moi de quoi vous avez besoin et je ferai l’impossible pour vous l’offrir ! » Je lui ai aussitôt demandé de l’eau de la lune ! Il a bien ri !
Mais il est temps d’aller à mon home hospitality ! Diane Thomas, en charge de l’association qui organise mon voyage en Indiana pour le compte du Département d’Etat a réuni autour de moi quelques-uns de ses amis. Dans la fin de la quarantaine, ce sont des yuppies qui travaillent dans la communication, les travaux publics, la rénovation de maisons… Ken parle français, il prépare un récital de piano pour dans quinze jours. J’aime sa belle voix grave et un peu mélancolique. Thomas est gay et tout le monde s’en fout ! Jenie est une démocrate acharnée mariée à un républicain qui ne l’est pas moins.
Nous dînons dans un club ! Ça me rappelle un peu en plus grand le blue bayou à côté de chez moi. La conversation est animée et tourne vite à la polémique. Ken défend les républicains, les autres disent que le plus sale dans la politique de Bush est encore à venir, ils parlent de Guantanamo, des insectes qui ont été mis dans la cellule d’un détenu qui avait cette phobie…
Je goûte au champagne californien ! Pas dégueu !! pas tout à fait encore au niveau mais pas dégueu ! Une petite soupe aux palourdes puis mon premier hamburger !
Les frites sont terribles ! Elles trempent dans une sauce aigre-douce moutardée délicieuse !Mauvais pour moi !
La polémique s’amplifie, Ken se braque et finit par quitter la table sur l’une de mes questions.
Je suis très mal à l’aise ! mes compagnons de table pas du tout ! Ils prennent des photos, me questionnent sur ma vie, la cécité, les institutions françaises, mon rapport aux femmes, comment je m’occupe de mes enfants… Nous rions beaucoup.
J’ai le malheur de dire que j’adore les glaces ! Thomas propose de quitter le club et de prendre le dessert chez H2O. Nous demandons tout ce qu’ils ont. Je goûte une glace au roquefort, une au pain perdu, aux fruits des bois, à la pâte de gâteau ! J’en connais une qui aurait adoré mais je ne dirai pas qui !
Je dors à moitié dans la voiture qui me ramène malgré les quatre ou cinq cafés américains qui sont aussi légers que de l’eau. Je crois que je vais bien dormir.