USA > Carnet de voyage Jour 1
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Il était une fois un rêve que je n’ai même pas fait et qui se réalise !
Ce pourrait être mon épitaphe si celle que j’avais prévue n’est pas au goût de ma descendance.
J’avais en effet pensé à faire graver sur mon tombeau « donne deux yeux état neuf, jamais servi ».
Mais ma vie est un rêve que je n’ai même pas fait et qui se réalise.
La vôtre aussi me direz-vous ! Mais combien d’entre nous choisissent de la vivre ainsi ?
Je vous écris de Washington DC.
Je suis en effet parti aux USA à l’invitation du département d’état pour trois semaines de découverte de ce pays fascinant.
J’ai préparé mon programme de visites avec le service culturel de l’ambassade.
Le principe était :
« Que voulez-vous voir ?
Qui voulez-vous voir ?
Nous mettons tout en œuvre pour que vous soyez satisfait.
Dans ces conditions, j’ai voulu voir tout le monde et plus !
Eh bien figurez-vous que tout le monde et plus est au rendez-vous !
Mais commençons par le commencement.
Il y a quelques années que je connais Randiane et Laura du service culturelle de l’ambassade des USA à Paris.
Si je les appelle par leur prénom, ce n’est pas par figure de style, c’est simplement que ces deux diplomates très pros ne considèrent pas que le sens des autres soit un supplément d’âme mais bien la meilleure façon de faire son job en y prenant du plaisir.
Et c’est peu de dire que j’ai plaisir à travailler avec elles et même à partager des moments conviviaux où le rire fuse plus souvent qu’à son tour.
Elles animent pour la France un programme appelé « International Visitors » program and leadership grâce auquel elles proposent à des français en situation de porter une parole ou des projets d’apprendre et de faire partager des manières d’envisager des problématiques émergentes dans les deux pays.
Pour ma part, je vais voir comment les USA gèrent l’inclusion des personnes handicapées, l’émergence de leaders issus de toutes les diversités la démocratie locale et la vie associative, le vivre ensemble et l’approche du rapport entre le politique et le religieux.
A pleasent flight.
Je suis arrivé à l’aéroport de ROISSY deux bonnes heures à l’avance.
Comme d’habitude quand je voyage, rien n’était prêt et j’ai tout fait à la dernière minute.
Merci à tous ceux qui ont conçu et m’ont aidé à préparer ma valise et supporté mon stress.
J’arrive à l’embarquement.
Une charmante personne me reçoit et me demande :
« Vous n’habitiez pas Bezons ? Je suis allé à l’école avec votre sœur !
Et moi qui dis tout le temps que si je m’en suis sorti c’est parce que j’ai quitté cette ville !
Quelle ingratitude !
Car ma charmante hôtesse me met sur la liste des personnes à surclasser et me voilà en classe affaire !
Le pied intégral !
Un siège qui fait lit ! Du champagne ! Un déjeuner somptueux et des hôtesses attentionnées qui m’expliquent patiemment comment utiliser le siège massant, la télé, j’ai regardé noces rebelles dont Yasmina m’avait parlé la veille, et qui me feront une démonstration des mesures de sécurité privée.
On m’a montré le masque qu’on m’a appliqué sur le visage les issues de secours et le gilet de sauvetage.
J’ai pris l’avion bien souvent mais c’est la première fois que j’accède à cette démonstration en toute autonomie !
J’ai bu une coupe supplémentaire pour le cas ou ce serait la dernière et aussi pour me réjouir de pouvoir pour la première fois faire face à un éventuel crash.
J’ai dormi pendant le voyage, ai lu ma presse et tous mes mails en retard.
Bref ! J’étais comme un coq en pâte !
J’ai décollé à 12h25 et suis arrivé à 14h 35 heure d’ici avec cinq minutes d’avance.
On a atterri comme sur des coussins et personne n’a applaudi !
Incroyable !
A ma descente d’avion, première surprise !
Un homme m’attend avec … une chaise roulante !
Je lui explique que je marche volontiers et que j’adorerai fouler le sol américain mais il ne veut rien entendre !
It’s the procedure !
Me voilà donc assis avec mon sac sur les genoux, poussé par un homme qui semble un colosse mais qui souffle fort !
Faut les pousser les 80 kilos !
Il est érythréen, très sympa et dévoué.
Comme je téléphone pour crâner, je fais tomber le sac ! Il le ramasse et nous repartons !
Il y a du monde, c’est étroit ! Je fais de mon mieux pour être léger et prendre de la vitesse !
Vous me connaissez ! J’aime le manège !
Nous arrivons dans le hall, un homme surgit ! C’est Jim ! Mon accompagnateur !
Il parle français parfaitement !
Avec l’accent belge ! Il y a passé 7 ans !
Mais j’aurai l’occasion de vous parler de Jim tout au long de ce séjour.
Nous récupérons la valise assez facilement, Jim la met sur un chariot et je suis toujours sur mon fauteuil.
Les contrôles sont pros mais sans aucune marque de stress ou d’irrespect.
Ouf ! On est dehors ! J’ai le droit de descendre de ce foutu fauteuil !
Pardon mais aveugle et paralytique, c’est un autre job et je n’ai pas l’expérience !
Dire que j’ai un ami fantastique qui fait ça tous les jours ! Et qui est heureux et boulimique de la vie ! Je pense à toi cher Adrien ! Le seul interviewer qui m’a fait dire tout de moi !
J’ai toujours aimé posé le pied physiquement sur une nouvelle terre.
Je prends tout mon temps, je reste quelques secondes, je remercie la vie de cette nouvelle expérience, je suis ému comme un gosse, et je continue mon chemin.
Je vous rassure ! J’ai mis mon pied sur un béton granuleux qui ressemble à tous les bétons granuleux de partout ! Même de Bezons ! Mais ça me fait toujours quelque chose et je m’émerveille toujours ! Il y a 8h, j’étais à Paris, et me voilà aux States !
Un taxi est là qui va nous conduire à l’hôtel sur road Iceland avenue C’est une Ford conduite par un homme dont je reconnais immédiatement l’accent !
Je lui demande d’où il vient ! Il me dit qu’il vient du Soudan, qu’il est aux USA depuis 8 ans et qu’il est propriétaire de son taxi.
Nous parlons arabe ce qui fait grimper ma cote auprès de Jim.
Cerise sur le gâteau, il m’indique où fumer le narguilé à Washington !
Le kif ! Si je puis dire !
L’hôtel est très confortable.
La chambre est spacieuse, elle comporte deux lits ce qui est bien pratique pour le désorganisé que je suis.
A la réception, notre Hôtesse est polonaise d’origine.
Je lui dis bonjour dans sa langue !
C’est quoi le problème ?
Son responsable est bulgare. Il passe opportunément et je le salue dans sa langue !
Pour Jim je suis définitivement un Dieu !
Je range ma valise scrupuleusement dans un petit placard !
Je ne reconnais naturellement pas ce que j’y ai mis ! Il faut dire qu’entre tous les ajustements, ça ne correspond plus !
Comment je vais faire pour assortir chemise et costume et cravate ?
Où êtes-vous dédé et Jean-Marc, chauffeurs qui sauvez toujours mes nœuds de cravate !
Va falloir que je grandisse !
Pas facile ! Et puis ma mère n’est pas là non plus !
Le téléphone et les mails, eux, sont bien présents !
C’est comme si j’étais à Paris !
Stéphane m’a suivi à la trace ! Il sait même par quelle porte je suis sorti !
J’appelle Marie qui travaille à aéroport de Paris et qui passe son temps à expliquer qu’on ne met pas un aveugle dans un fauteuil roulant ! France USA un partout la balle au centre !
Première ballade dans la ville.
Très peu de monde ! Nous mangeons dans un fast-food assez sympa.
Je mange un fish hand chips et de la salade variée.
J’entends plein d’accents ! Quand nous arrivons, le resto est plein.
Il se vide d’un coup sans que je comprenne pourquoi.
Des petits piments mexicains me rappellent que je suis une mauviette ! Ça pique ! Purée !
Il y a plein de petits enfants ! J’adore les voix d’enfants.
Le repas achevé, nous passons à la pharmacie.
Jim revient d’une mission et il est enrhumé.
Un mendiant agite un tronc et propose d’ouvrir la porte moyennant finance.
Dans le magasin, une synthèse vocale donne des indications sur le stock ; les appels téléphoniques, mais je ne comprends pas grand-chose, Jim non plus.
Le pharmacien est africain du cameroun.
Nous rentrons à l’hôtel.
Je maîtrise la radio qui est d’un modèle avec peu de boutons, elle marche à l’ancienne, comme j’aime, avec des potentiomètres qu’on règle par une molette.
Je suis sur une chaîne d’infos, et vlan ! Une conférence sur la place de la femme en Islam.
Je suis cerné.
Je me fais un café car la cafetière aussi est très simple à utiliser !
C’est une sorte de cafetière électrique la dosette de café se clipse et le café tombe dans le gobelet.
Ma nuit est courte.
Je dors peu.
J’écoute un bouquin, puis le blog d’Ali KISMOUN, un camarade qui a fait le même voyage que moi et qui est enchanté.